Neue Rheinischezeitung - Minnesota: nouvelle vague de colère après l'arrestation d'un garçon de 5 ans

Köln -
Minnesota: nouvelle vague de colère après l'arrestation d'un garçon de 5 ans
Minnesota: nouvelle vague de colère après l'arrestation d'un garçon de 5 ans / Photo: © POOL/AFP

Minnesota: nouvelle vague de colère après l'arrestation d'un garçon de 5 ans

L'arrestation d'un garçon de 5 ans par la police de l'immigration (ICE) suscite une nouvelle vague de colère à Minneapolis, où des appels à manifester ont été lancés pour vendredi.

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Les critiques s'étendent au-delà des frontières américaines. A Genève, l'ONU s'est dite "sidérée par les mauvais traitements désormais routiniers" infligés aux migrants aux Etats-Unis, pressant Washington de cesser une répression qui "déchire les familles".

Une photo de l'enfant fait la Une de nombreux médias du pays et a été massivement partagée sur les réseaux sociaux depuis jeudi: Liam Ramos y apparaît le visage apeuré, coiffé d'un bonnet bleu aux oreilles de lapin, portant un sac à dos tenu par une silhouette vêtue de noir.

Le vice-président américain JD Vance a affirmé que le garçonnet avait été pris en charge par l'ICE après que son père, qu'il a présenté comme un immigrant clandestin, eut pris, selon lui, la fuite pour ne pas être appréhendé.

L'ICE mène depuis plusieurs semaines une opération d'envergure dans l'Etat du Minnesota, où la mort de Renee Good, une Américaine de 37 ans tuée dans sa voiture par un agent le 7 janvier à Minneapolis, a cristallisé les tensions.

Des appels à une journée d'action vendredi pour chasser "l'ICE hors du Minnesota" ont été lancés sur les réseaux, avec une manifestation attendue dans le centre de Minneapolis.

"Liam Ramos est juste un petit enfant. Il devrait être chez lui, avec sa famille, pas servir d'appât à l'ICE et se retrouver détenu au Texas", a dénoncé sur X l'ancienne vice-présidente démocrate Kamala Harris, se disant "ulcérée".

"Faire appliquer la loi est une chose. Terroriser une population, utiliser les enfants comme des pions en est une autre", a renchéri Hillary Clinton, l'ex-adversaire de Donald Trump à la présidentielle de 2016.

- "Quelque chose ne va vraiment pas"-

"Quand le gouvernement fédéral traite les enfants comme des criminels, quelque chose ne va vraiment pas", a jugé le maire de Minneapolis, Jacob Frey.

JD Vance a défendu de son côté les agents de l'ICE. "Que devaient-ils faire d'autre? Laisser un enfant de cinq ans mourir de froid?", a interrogé le vice-président républicain.

Accusé par l'opposition démocrate d'avoir jeté de l'huile sur le feu en prenant la défense du policier de l'immigration qui a tué Renee Good, JD Vance s'était rendu jeudi à Minneapolis pour rencontrer des agents et "faire baisser la température".

"Oui, vous pouvez manifester", a-t-il lancé à l'adresse des habitants de la ville qui protestent quotidiennement, "mais faites-le pacifiquement".

Le vice-président américain a renvoyé la responsabilité des violences lors des opérations de l'ICE à l'absence de coopération de la police locale au Minnesota, un des Etats démocrates ciblés par l'offensive anti-immigration du président Donald Trump.

"Nous pouvons très bien faire appliquer les lois sur l'immigration sans provoquer le chaos, mais cela nécessite réellement la coopération des autorités étatiques et locales", a-t-il soutenu, déplorant notamment que les agents fédéraux ne soient pas "protégés".

En se basant sur des vidéos, les manifestants et les élus démocrates contestent la thèse officielle selon laquelle le policier qui a tué Renee Good était en état de légitime défense.

"Bien sûr, nous enquêtons sur les tirs ayant visé Renee Good", mais "d'une manière qui respecte les droits des gens", a lancé JD Vance, ajoutant que, "si quelqu'un a fait quelque chose de répréhensible, oui, il fera face à des sanctions disciplinaires".

Le 8 janvier, il avait assuré que le policier de l'immigration qui a abattu Renee Good "bénéficiait d'une immunité absolue".

L'Etat du Minnesota a demandé à la justice fédérale la suspension de l'opération de l'ICE. Une audience à ce sujet est prévue lundi.

H.Schmidtke--NRZ