Allemagne: l'aéroport de Francfort inaugure un nouveau terminal en plein choc énergétique
L'aéroport de Francfort, le plus grand d'Allemagne, ouvre mercredi un troisième terminal voué à accueillir une vingtaine de millions de passagers supplémentaires, un projet dont l'utilité fait débats en pleine crise pétrolière et climatique.
Moderne et sobre, le hall d'enregistrement impressionne par sa hauteur sous plafond de 18 mètres et sa façade en verre de 7.000 mètres carrés, composée de 700 vitres montées sur une structure en acier.
Construit au sud de l'aéroport pour désengorger le tarmac au nord, il est voué à durer dans le temps, après plus de dix ans de construction de ce que Fraport, le gestionnaire de l'établissement, revendique comme étant "l'un des plus grands projets d'infrastructure privés en Europe", qui plus est financé entièrement sur fonds privés.
Le nouveau terminal, dont le coût devrait initialement se situer entre 2,5 et 3 milliards d'euros, et l'entrée en service se faire en 2022, a été achevé avec une facture relevée à 4 milliards d'euros et un dépassement des délais lié au choc de la pandémie de Covid-19.
"Le message clair de ce Terminal 3 est que +oui nous pouvons réaliser de grands projets en Allemagne+", s'est toutefois félicité mercredi lors de l'inauguration le patron de Fraport Stefan Schulte, dans l'espace duty-free du terminal, une vaste salle aux coins arrondis surplombée par des tubes en aluminium semblables à des gouttes.
L'Allemagne garde en mémoire la gestion chaotique du chantier de l'aéroport de Berlin, marqué par de multiples modifications, notamment sur les systèmes d'aération.
Prévu pour accueillir 27 millions de passagers, il a finalement ouvert en 2020 avec neuf ans de retard et un coût proche de 7 milliards d'euros.
A Francfort, le projet d'ajout d'un troisième terminal s'est attiré de nombreuses critiques de la part d'associations environnementales, qui questionnent la nécessité d'une telle extension alors que le trafic annuel est en baisse.
L'aéroport de Francfort a accueilli en 2025 environ 63 millions de passagers, contre plus de 70 millions en 2019.
L'initiative pour la protection du climat, de l'environnement et contre le bruit dans le transport aérien (IKUL) voit dans cet ouvrage un "symbole de mauvaise planification, de destruction de l'environnement et de mégalomanie".
Les associations dénoncent encore la hausse des émissions de CO₂ et des nuisances sonores, ainsi qu'une aggravation de la pollution liée aux déplacements vers et depuis l'aéroport.
Au total, 57 compagnies aériennes vont emménager au Terminal 3, l'allemande Condor devant en être le principal utilisateur en gérant 30% du trafic.
A.Menzel--NRZ