Lyhanna: l'exécutif déplore des dysfonctionnements "accablants", les résultats de l'autopsie attendus
Au lendemain de la découverte dans le Gers d'un corps étant probablement celui de Lyhanna, 11 ans, l'exécutif a déploré vendredi des dysfonctionnements "accablants" tandis que le procureur d'Agen devait dévoiler en fin de journée les résultats de l'autopsie.
"Il est clair qu'il y a un dysfonctionnement (...) et c'est inacceptable", a déclaré depuis le Monténégro le président Emmanuel Macron, qui ne veut "entendre aucun argument de moyens dans cette affaire".
Le garde des Sceaux Gérald Darmanin a pointé "des dysfonctionnements accablants et inacceptables des services de l'Etat", quand le Premier ministre Sébastien Lecornu s'est dit "choqué".
- Conclusions rapides -
Le Premier ministre a demandé que "les premières conclusions" de l'enquête administrative confiée à l'Inspection générale de la justice et à l'Inspection générale de la gendarmerie nationale "lui soient remises sous 15 jours".
Gérald Darmanin, qui s'exprimera aussi vendredi soir au JT de TF1, a invité tous les procureurs généraux à se réunir à la Chancellerie dès lundi matin.
Un corps paraissant être celui de Lyhanna, collégienne de 11 ans disparue à Fleurance le 29 mai, a été découvert jeudi au sein d'un site agricole désaffecté, près du village de Puycasquier, à une quinzaine de kilomètres de distance.
A Fleurance, les habitants semblaient vendredi assommés par la nouvelle de la découverte probable du corps de la collégienne. "Je suis toute retournée, ça fait plusieurs jours que je ne dors pas", confie Natacha Berthonneau, 57 ans.
"Un corps retrouvé, un pays indigné", pouvait-on lire sur une affichette du journal local, La Dépêche du Midi, placardée chez un marchand de journaux.
Une autopsie doit permettre d'"identifier formellement le corps et proposer des conclusions médico-légales sur les causes de la mort", a précisé jeudi soir le procureur d'Agen, Olivier Naboulet.
Elle devra également déterminer si la victime a subi des violences sexuelles, et ses résultats devraient être connus dans la journée ou samedi.
Une communication a été annoncée par le parquet d'Agen vendredi en fin de journée.
Père de deux enfants, le principal suspect, Jérôme B., un homme de 41 ans qui connaissait Lyhanna car elle était amie avec sa fille, a été mis en examen lundi pour enlèvement et séquestration, puis incarcéré. Il avait travaillé dans l'exploitation agricole dans laquelle a été retrouvé le corps, selon un responsable agricole gersois.
Sur la route entre Fleurance et Puycasquier, itinéraire que Jérôme B. est susceptible d'avoir emprunté, les gendarmes interrogeaient les automobilistes, leur demandant s'ils avaient aperçu la voiture du suspect vendredi dernier.
- Non application d'une circulaire -
Depuis le début de la semaine, des révélations sur ses antécédents ont tracé un profil inquiétant, avec plusieurs signalements ou plaintes, notamment pour viol sur mineure.
Selon la procureure de la République d'Auch, mise en cause pour non application d'une circulaire pénale priorisant les enfants victimes, Jérôme B. avait fait l'objet de plaintes pour viol en 2022 et 2025. La première a été classée sans suite. Une enquête est en cours pour la seconde.
Aurélien Martini, secrétaire général adjoint de l'Union Syndicale des Magistrats (USM, majoritaire) a "l’impression qu’il faut des boucs émissaires et vite. Il y a peut-être eu des dysfonctionnements, mais il n’y a que les rapports d’inspection qui peuvent dire ça".
Il pointe la multiplication des circulaires "sans se poser la question de savoir si les services ont la capacité de les intégrer", a-t-il dit à l'AFP.
Le député du Gers David Taupiac avait alerté, lors d'une question au gouvernement en avril 2025, sur les difficultés de fonctionnement du tribunal d'Auch, "confronté à une pénurie de magistrats et de greffiers, ainsi qu'à des dysfonctionnements informatiques répétés". "Ça a perturbé le travail de la justice", a déclaré le parlementaire à l'AFP vendredi.
Sur RTL vendredi, Eric Mouzin, père de la petite Estelle, victime du tueur en série Michel Fourniret, a estimé "surréaliste" que les ministres de l'Intérieur et de la Justice "semblent découvrir l'existence de dysfonctionnements au sein de leur ministère", soulignant que la situation n'était pas "le fruit d'une évolution du dernier mois ou de quelques semaines", mais datait de bien plus longtemps.
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W.Schubert--NRZ