Neue Rheinische Zeitung - Moyen-Orient: le pétrole recule, les marchés mondiaux reprennent leur souffle

Köln -
Moyen-Orient: le pétrole recule, les marchés mondiaux reprennent leur souffle

Moyen-Orient: le pétrole recule, les marchés mondiaux reprennent leur souffle

Détente des prix du pétrole et des taux obligataires, rebond des Bourses: une timide embellie a gagné les marchés lundi alors que l'incertitude continue de planer sur la durée du conflit au Moyen-Orient et ses conséquences économiques.

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Le repli des prix pétroliers a redonné des couleurs aux marchés, à quelques jours d'une réunion très attendue de la Réserve fédérale (Fed), puis de la Banque centrale européenne (BCE), les premières depuis le lancement de la guerre contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël le 28 février.

Le baril de West Texas Intermediate, référence américaine, a chuté de 5,28% à 93,50 dollars. Son équivalent européen, le baril de Brent de la mer du Nord a perdu 2,84% à 100,21 dollars.

Les investisseurs se sont montrés quelque peu rassurés par la perspective d'un déblocage plus important qu'anticipé des stocks stratégiques de brut et par les espoirs d'une amélioration de la circulation dans le crucial détroit d'Ormuz.

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) s'est dite prête à débloquer davantage ses réserves stratégiques d'or noir "si nécessaire", après la décision annoncée mercredi de libérer 400 millions de barils.

Et les experts ont observé le passage du détroit d'Ormuz dimanche par un pétrolier battant pavillon pakistanais et non affilié à l'Iran.

Cela "laisse supposer que certaines cargaisons pourraient bénéficier d'un droit de passage négocié" avec l'Iran, estime le site spécialisé MarineTraffic, qui a mis en évidence cette traversée.

Dans ce cas, une partie des barils bloqués dans le Golfe pourraient être exportés.

- "Moins de spéculations" -

La baisse des prix du pétrole "a été sans aucun doute le principal moteur de la hausse boursière du jour", commente auprès de l'AFP Patrick O'Hare, de Briefing.

A Wall Street, le Dow Jones a pris 0,83%, l'indice Nasdaq a avancé de 1,22% et l'indice élargi S&P 500 a gagné 1,01%.

Les Bourses européennes ont aussi clôturé en hausse: Londres a progressé de 0,55%, tout comme Francfort (0,50%) et Paris (0,31%). Milan est restée proche de l'équilibre (+0,07%).

A la troisième semaine de guerre, "les investisseurs réagiront davantage aux faits tangibles et se livreront moins à de nouvelles spéculations concernant le conflit au Proche-Orient", veut croire Andreas Lipkow pour CMC Markets.

"Les implications macro-économiques du conflit au Moyen-Orient sont toujours peu claires compte tenu de l'incertitude quant à son ampleur et à sa durée", selon le chef économiste de la Banque des règlements internationaux (BRI), Hyun Song Shin.

Il a cependant mis en garde contre les risques pour l'inflation et les taux d'intérêts si le conflit se prolongeait.

- Répit pour les taux obligataires -

L'accalmie observée du côté du marché pétrolier a eu comme conséquence de mettre le holà à la forte progression des coûts d'emprunt des Etats pour financer leur dette, à quelques jours des réunions de la Réserve fédérale et de la Banque centrale européenne (BCE).

Vers 20H50 GMT, le rendement à 10 ans des bons du Trésor américain, l'échéance la plus scrutée, évoluait à 4,22% contre 4,28% à la clôture vendredi.

Le rendement de l'emprunt allemand à échéance 10 ans (Bund), qui fait référence en Europe, évoluait à 2,93%, contre 2,98% vendredi soir.

Les analystes continuent de miser sur une réaction prudente des banques centrales cette semaine.

Ces institutions "se montreront probablement réticentes à baisser leurs taux, les marchés devront donc revoir à la baisse leurs espoirs de détente monétaire pour cette année", prévient Patrick O'Hare, de Briefing.com.

Mais les experts n'attendent pas non plus de resserrement monétaire dans l'immédiat.

"Les marchés vont en apprendre beaucoup sur la façon dont ces décideurs politiques perçoivent la situation actuelle, son effet sur l'inflation et leur orientation politique potentielle", anticipe M. O'Hare.

O.Berger--NRZ