Incendies au Chili: situation toujours critique, des quartiers entiers ravagés
Au troisième jour d'incendies meurtriers dans le sud du Chili, la situation restait critique lundi, l'apparition de nouveaux foyers compliquant le travail des pompiers au plus fort de l'été austral.
Les incendies ont démarré samedi, attisés par de fortes températures et des vents puissants de plus de 70 km/h dans les régions de Ñuble et du Biobio, à environ 500 km au sud de la capitale Santiago.
Le dernier bilan fait état de 19 morts, 1.500 sinistrés et plus d'un millier d'habitations endommagées ou détruites. Près de 35.000 hectares ont été ravagés par les flammes, dévastant des quartiers entiers.
"Nous sommes parvenus à contrôler ou à circonscrire une partie des incendies. Certains restent toutefois très actifs et font l'objet d'un combat intense", a déclaré le président chilien Gabriel Boric depuis la région de Ñuble.
Les températures avoisinaient les 25 degrés Celsius lundi, légèrement inférieures à celles du week-end, en pleine période la plus chaude de l'été austral.
Le dirigeant a cependant souligné "l'apparition de nouveaux foyers dans la région de l'Araucania, ce qui implique nécessairement une répartition des forces".
L'Araucania est située au sud du Biobio. Selon la Corporation nationale forestière (Conaf), 1.407 hectares y étaient touchés lundi par les feux.
Le Biobio restait la zone la plus affectée, des localités comme Lirquén et Penco ayant été presque entièrement rasés après une avancée très rapide des flammes dans la nuit de samedi à dimanche.
"C'était horrible. J'ai essayé de mouiller autant que possible la maison, mais j'ai vu que les flammes arrivaient vers mon quartier. J'ai pris mon fils, mon frère a sorti mon chien et nous avons fui", a raconté à l'AFP Yagora Vasquez, une habitante de Lirquén, petite ville portuaire de 20.000 habitants.
Elle a expliqué avoir tenté de fuir les flammes en voiture, mais des dizaines d'autres véhicules faisaient de même et le chaos les a empêchés d'avancer.
"Nous avons dû descendre parce que les flammes étaient juste à côté de nous et nous avons couru pour éviter le feu et les braises qui tombaient du ciel", explique-t-elle.
- "Vague de feu" -
La crainte que quelqu'un ne s'approprie son terrain l'a poussée à revenir sur les lieux et installer une tente au milieu des braises encore incandescentes. "Mieux vaut prévenir et rester ici", explique sa soeur, Constanza Vasquez, venue la soutenir.
La région avait été touchée en 2010 par un séisme de magnitude 8,8 suivi d'un tsunami qui avait fait 530 morts.
Cette fois-ci, nous avons subi une "vague de feu, pas d'eau", se lamente Mareli Torres, une habitante de 53 ans, qui s'était éloignée de la côté après le tsunami, pour voir finalement sa maison détruite par le feu.
Dans les quartiers ravagés, les habitants s'attelaient désormais aux opérations de nettoyage, tentant de récupérer ce qui pouvait encore l'être, au milieu de rues jonchées de voitures calcinées et de maisons réduites à l'état de décombres.
Raul Muñoz, un retraité de 67 ans, ramassait les débris de ce qui avait été sa maison, se lamentant que son "quartier ne sera plus jamais le même".
Les régions de Ñuble et du Biobio ont été placées dimanche en état de catastrophe, permettant le déploiement de l'armée.
Ces dernières années, les incendies de forêt ont fortement affecté le Chili, en particulier dans la zone centre-sud.
Selon le Centre chilien de science du climat et de la résilience, l'augmentation des températures et la sécheresse persistante depuis plus d'une décennie ont facilité la propagation des incendies, le sud du pays enregistrant ces dernières années des températures "sans précédent" pouvant atteindre 41 degrés Celsius.
La Patagonie argentine a également été frappée la semaine dernière par de violents feux de forêt, qui ont ravagé plus de 15.000 hectares, selon les autorités locales.
T.Graf--NRZ