Neue Rheinische Zeitung - New York veut voir ses food trucks passer à l'électrique

Köln -
New York veut voir ses food trucks passer à l'électrique
New York veut voir ses food trucks passer à l'électrique / Photo: © AFP

New York veut voir ses food trucks passer à l'électrique

En flânant à travers New York, vous entendrez le vrombissement des générateurs à essence de dizaines de milliers de food trucks caractéristiques de la ville. Mais pas celui de William Arevalo.

Taille du texte:

Il est l'un des dix vendeurs ambulants qui testent des batteries rechargeables, dans le cadre d'un projet municipal entamé en juillet et visant à réduire le bruit et la pollution de l'air.

À l'arrière de son camion, décoré de menus colorés et de billets porte-bonheur de deux dollars, a été installé un onduleur pouvant contenir jusqu'à six batteries d'une trentaine de centimètres de long, les mêmes qui équipent de nombreux vélos électriques.

PopWheels, une start-up new-yorkaise, les fournit et les recharge dans des casiers ignifugés installés à proximité de son stand.

Remplacées toutes les cinq heures environ, celles-ci fournissent suffisamment d'énergie pour garder les frites et autres aliments congelés, et les ventilateurs en marche.

"Je n'arrive pas à y croire", s'exclame William Arevalo, garé à l'ombre des arbres d'un parc de l'arrondissement du Queens. "Maintenant, il n'y a plus de bruit et tout notre matériel fonctionne toujours."

Par le passé, il lui arrivait de ne pas pouvoir entendre ses clients, raconte-t-il à l'AFP. Et "toute la fumée du générateur entrait dans le camion. C'est vraiment mauvais pour notre santé."

"Maintenant, c'est 100% mieux", assure cet Équatorien de 59 ans, dont la famille tient ce food truck depuis plus de 20 ans.

Autre avantage, lors des journées d'été où les températures dépassent largement les 30 degrés, les batteries sont plus fiables que les générateurs qui peuvent surchauffer et s'arrêter, ajoute-t-il.

- "Compétitif" -

Convertir à l'électrique les 20.500 stands de nourriture de la ville, qui utilisent très majoritairement des générateurs pour alimenter leurs cuisinières, congélateurs et ventilateurs, reviendrait à retirer environ 30.000 voitures de la circulation chaque année, selon le conseil municipal.

Mais la tâche est colossale et coûteuse. Et les précédentes tentatives n'ont pas fait long feu.

En 2013, New York a raccordé certains stands de Manhattan au réseau électrique, réduisant les émissions et le bruit, mais il n'a pas été possible d'étendre ce dispositif.

Plus récemment, un projet utilisant lui aussi des batteries, mené par l'ONG Street Vendor Project, s'est heurté au manque d'infrastructures de recharge.

Cette fois, le conseil municipal, qui envisage un modèle par abonnement, dans le cadre duquel les vendeurs paient une redevance pour accéder aux batteries et aux stations de recharge, veut croire que ce sera différent.

"Nous pensons que ce sera compétitif en termes de coûts: soit moins cher que ce que les vendeurs paient actuellement, soit à peu près équivalent à ce qu'ils dépensent en carburant", indique Isabela Brown, conseillère politique chargée des questions climatiques pour la ville.

"Le principal coût sera l'installation des onduleurs. Nous étudions des solutions financières, des prêts, et d'autres aides que la ville peut fournir", poursuit-elle.

Les onduleurs peuvent en effet coûter plusieurs milliers de dollars — un prix comparable à celui de certains générateurs à essence, selon leur taille — mais les partisans du projet affirment que leurs coûts de fonctionnement sont plus faibles sur le long terme.

Pour l'heure, Arevalo est ravi de faire découvrir son installation électrique à ses collègues qui dépendent encore de générateurs à essence. "Je le montre à mes amis et ils sont surpris. Ca marche vraiment", sourit-il.

L.Winkler--NRZ