Trump suspend les frappes contre l'Iran sous condition d'un accord rapide
Donald Trump a annoncé avoir renoncé à de nouvelles frappes massives contre l'Iran à la demande de pays de la région, à condition qu'un accord avec Téhéran soit rapidement conclu, en particulier sur le stratégique détroit d'Ormuz.
Le président américain avait menacé de bombarder la République islamique "très fort" avant de changer d'avis, comme à de nombreuses reprises depuis le début du conflit, déclenché le 28 février par une offensive israélo-américaine massive.
Les Etats-Unis étaient "prêts à frapper la République islamique d'Iran, à des niveaux (...) de force et de puissance jamais vus depuis la Seconde Guerre mondiale", a-t-il écrit samedi sur sa plateforme Truth Social. "Malgré cela, nous venons d'être priés par l'Iran, et par d'autres pays du Moyen-Orient, de suspendre toute attaque".
- "Nouveau mensonge" -
Cités par l'agence de presse Mehr, des responsables militaires iraniens ont dénoncé "un nouveau mensonge".
L'agence de presse officielle saoudienne SPA a indiqué dimanche pour sa part que M. Trump avait eu une conversation téléphonique avec le prince héritier, Mohamed ben Salmane, un allié clef des Etats-Unis dans la région, qui l'avait appelé à "privilégier le dialogue afin de réduire les tensions".
Le président américain a dit avoir "accepté (...) d'annuler l'attaque, sous réserve de pouvoir conclure rapidement un accord". "Israël se joint à moi dans cet engagement", a-t-il aussi assuré.
Il a précisé que tout accord devait inclure l'ouverture "complète et totale" du détroit d'Ormuz, ainsi que "la fin de la menace nucléaire iranienne".
"Tant que les Etats-Unis maintiendront leurs actions hostiles, le détroit d'Ormuz restera fermé", a répliqué une source proche de l'équipe de négociation iranienne, citée par l'agence de presse Fars.
Cinq mois après le début de la guerre, qui a fait des milliers de morts dans la région, les pays médiateurs sont à la peine pour faire revenir les belligérants à la table des négociations.
Un protocole d'accord annoncé en juin pour installer durablement le cessez-le-feu en vigueur depuis avril a volé en éclats début juillet: les Etats-Unis ont repris leurs frappes, Téhéran ripostant en ciblant leurs alliés au Moyen-Orient, des pays du Golfe à la Jordanie.
Le conflit revêt aussi une dimension économique avec le verrouillage par Téhéran du détroit d'Ormuz, passage clé pour le transport des hydrocarbures, provoquant de fortes perturbations de l'économie mondiale.
En représailles, les Etats-Unis ont instauré un blocus naval des ports iraniens.
- Egypte et Yémen aussi -
L'Iran, qui impute la responsabilité de la poursuite de la guerre au président américain, a fait savoir samedi que son chef de la diplomatie multipliait les échanges: Abbas Araghchi s'est entretenu selon les médias officiels de son pays avec son homologue saoudien, ainsi qu'avec son homologue turc et le chef de l'armée du Pakistan, pays médiateur dans le conflit.
Lors de ces appels téléphoniques, il a mis en garde contre "le risque d'escalade" dans la région, répétant que l'Iran était "entièrement prêt à se défendre" et à "répondre de manière proportionnée" à toute attaque.
Selon des médias américains, Washington envisageait de nouveaux bombardements massifs au cours du week-end. CBS News avait notamment mentionné la possibilité de frappes contre des raffineries de pétrole et centrales électriques, menées par les Etats-Unis mais aussi Israël, ce qui aurait été une première depuis deux mois.
Samedi avant l'annonce de Donald Trump, les ambassades américaines au Moyen-Orient avaient exhorté leurs ressortissants à se tenir prêts à partir en raison d'une possible "escalade" du conflit régional.
L'Egypte a notamment été frappée mercredi pour la première fois depuis le début de la guerre. Un drone a touché deux navires gaziers, dont un exploité par une société américaine, dans le port de Damiette. Les responsables n'ont pour l'heure pas été identifiés.
La guerre s'est déjà étendue récemment avec un nouveau front en mer Rouge, où les rebelles yéménites houthis, soutenus par l'Iran, ont annoncé imposer un blocus aux ports saoudiens et ont depuis revendiqué des attaques contre des pétroliers et des installations pétrolières du royaume.
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B.Lange--NRZ