Bourse de Paris: la dette française sous tension après les violences du week-end
La Bourse de Paris recule nettement lundi, les violences du week-end en France en marge de la mobilisation du 17 octobre ayant ravivé les craintes à l'égard de la dette du pays à la veille d'un vote sur le budget.
L'indice vedette CAC 40 reculait de 1,23 % vers 09H40, soit de 98,06 points à 7.858,64 points. Vendredi, l'indice vedette avait fini en légère hausse de 0,28 %, à 7.956,70 points.
La place boursière parisienne connaît une année 2026 jusque-là décevante, cédant plus de 3 % depuis le 1er janvier, tandis que l'indice européen de référence, le Stoxx 600, gagne plus de 8 % sur la même période.
Samedi, dans le sillage de la mobilisation nationale pour le pouvoir d'achat, de nombreuses villes ont été secouées par des pillages, destructions et émeutes, dont l'ampleur a sidéré le pays. Ces violences ont conduit à environ 2.400 interpellations et près d'un millier de policiers et gendarmes ont été blessés, selon les autorités.
Selon le réseau des chambres de commerce et d'industrie en France (CCI France), on "dépassera les 2.000" commerces directement touchés par les violences du week-end. La Fédération du commerce et de la distribution (FCD) évalue le coût des dégâts à "plusieurs centaines de millions d'euros".
Ces violences "ne vont pas aider la communauté internationale à se sentir pleinement à l'aise pour acheter des OAT", les emprunts d'Etat français, et "la légère détente des écarts de taux français observée ces derniers jours sera mise à l'épreuve aujourd'hui", préviennent les stratèges de Deutsche Bank.
Le taux français montait à 4,85 % vers 09H30, quand le taux allemand reculait à 3,41%.
L'écart entre les taux d'emprunt à dix ans français et allemand, qui mesure la méfiance des investisseurs envers la dette française, atteignait 144 points de base, contre environ 137 vendredi, des niveaux plus vus depuis 2012.
Cet écart "pourrait s'élargir vers 150 points de base", car "les pressions politiques et sociales s'accumulent au moment même où le pays tente de bâtir un budget de rigueur pour l'an prochain", estime Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB.
Les députés votent mardi sur les recettes du budget 2027, qui prévoit 43 milliards d'euros de mesures de redressement.
Sur le marché des changes, l'euro cédait 0,26 % vers 07H30 GMT face au billet vert, à 1,1208 dollar pour un euro.
"Si ces émeutes renforcent le soutien à Marine Le Pen, hostile à l'Union européenne, nous pourrions assister à de nouvelles baisses de la monnaie unique", prévient Kathleen Brooks.
- Banques et tourisme en baisse -
A la cote, presque toutes les valeurs du CAC 40 reculaient vers 09H40, les banques, la distribution, le tourisme et l'immobilier commercial figurant parmi les plus fortes baisses.
Le constructeur automobile Stellantis accusait le plus fort repli de l'indice (-3,20 % à 3,86 euros), devant la foncière de centres commerciaux Unibail-Rodamco-Westfield (-3,05 % à 87,08 euros) et le groupe hôtelier Accor (-2,84 % à 45,57 euros).
Le fabricant de pneumatiques Michelin cédait 2,44 % à 32,85 euros et le géant de la grande distribution Carrefour 2,29 % à 16,23 euros.
Les trois grandes banques françaises reculaient : Société Générale de 2,16 % à 63,08 euros, Crédit Agricole de 2,13 % à 15,38 euros et BNP Paribas de 2,08 % à 87,69 euros. L'assureur Axa abandonnait 1,56 % à 42,30 euros.
Les valeurs aéronautiques et de défense n'étaient pas épargnées, avec des replis de 2,22 % pour Airbus, à 194,40 euros, et de 2,18 % pour Thales, à 228,90 euros.
A contre-courant, Euronext, l'opérateur de la Bourse de Paris, gagnait 1,61 % à 169,90 euros, Capgemini 1,28 % à 122,90 euros et TotalEnergies 0,42 % à 81,05 euros.
R.Neumann--NRZ