Lycéens, forces de l'ordre : Macron en première ligne avant une nouvelle journée de contestation
Après plus d'un mois de crise, Emmanuel Macron est monté en première ligne vendredi dans la contestation des lycéens en recevant pour la première fois leurs représentants, avant de rendre visite aux forces de l'ordre à Paris à la veille d'une nouvelle journée de mobilisations strictement encadrées.
Auprès de la vingtaine de représentants des organisations lycéennes reçues pendant 2h30 à l’Élysée, le chef de l’État a notamment "souligné le besoin d'une refonte en profondeur de Parcoursup", selon son entourage.
"Le gouvernement prendra des engagements dès lundi" après la réception des acteurs de l'éducation par le Premier ministre Sébastien Lecornu, a-t-on ajouté.
Les lycéens, qui réclament une rénovation des lycées, de meilleures conditions d'étude et la suppression de la plateforme d'orientation Parcoursup, ont appelé à poursuivre la mobilisation.
"On attend notre réunion avec le Premier ministre", a déclaré Nathanaël Combary, du Renouveau lycéen, appelant les lycéens à maintenir le "bras de fer" avec l'exécutif. "On lui parle d'abrogation, on lui parle de lisibilité, de transparence et de refonte", a réagi le président de l'Union syndicale lycéenne, Ryad Rani, en sortant de l’Élysée.
Louis Letoublon (Les Lycéens !) a de son côté évoqué "une brèche" ouverte par le président, dans laquelle "il faut que nous nous engouffrions" afin d'obtenir "de meilleures conditions d'études et d'apprentissage".
Présent à Trappes en début de soirée, Emmanuel Macron a dénoncé un "attentat terroriste, raciste", évoquant un "tournant" et appelant à ne pas "baisser la tête" face aux "idées qui s'installent" et pourraient "justifier" de tels comportements.
Alors que son Premier ministre déambulait dans la mairie de Limoges, incendiée le 17 octobre en marge des violences et pillages, le président s'est rendu dans la soirée dans une caserne du XIXe arrondissement de Paris pour témoigner sa "reconnaissance aux forces de sécurité intérieure" et rencontrer les agents blessés en intervention.
L'exécutif est sous pression à la veille d'une nouvelle journée de mobilisations : le dispositif de sécurité, arrêté lors d'un conseil de défense en présence du chef de l’État dans la matinée, se veut rehaussé après le chaos du 17 octobre, mais aussi plus mobile pour s'adapter aux différents mouvements de contestation.
- 70.000 policiers et gendarmes -
Quelque 70.000 policiers et gendarmes seront mobilisés samedi, après une semaine de couvre-feux et interdictions de manifester.
"On est prêts", a assuré vendredi en fin de matinée le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. "On ne laissera absolument rien passer", a-t-il ajouté, accusant aussi l'ultragauche et "l'extrême gauche radicale" d'avoir encouragé à commettre des "exactions", en affirmant que des "casseurs" ont eux appelé à des pillages.
Les autorités ont cherché à limiter au maximum la mobilisation en n'autorisant que celles organisées par des syndicats. Avec notamment des inquiétudes jusqu'au sommet de l’État sur certaines manifestations encore non déclarées vendredi soir.
Les restrictions à répétition sont jugées liberticides dans l'opposition, au point que La France insoumise a dénoncé une "fuite en avant autoritaire".
Le cabinet du Premier ministre a par ailleurs demandé aux plateformes numériques - Meta, Snap, TikTok... - une "vigilance particulière" en vue du week-end.
- Orléans sous tension -
Les forces de l'ordre seront épaulées par les militaires de la force Sentinelle, des unités d'élite de la police et de la gendarmerie, comme le RAID, le GIGN ou la BRI, ainsi que des hélicoptères et des blindés.
Autre point de tension du week-end, le congrès du Rassemblement national à Orléans samedi et dimanche : 20.000 à 30.000 militants anti-RN sont attendus samedi, dont le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure, et la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet. Près de 3.000 membres des forces de l'ordre seront déployés.
C'est "un peu la campagne politique à venir" qui "se joue" dans le Loiret, a prévenu Laurent Nuñez vendredi depuis Orléans, appelant à "concilier" liberté de manifester et liberté de réunion politique.
Critiqué sur sa gauche par son absence de réponse politique, le gouvernement reste entravé par des marges de manœuvre financières limitées, en pleine préparation d'un budget 2027 très serré, et sous l’œil direct des marchés financiers.
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B.Schmidt--NRZ