Aviron: la rivalité Oxford-Cambridge prend l'accent français
En 2026, l'emblématique course d'aviron entre les universités d'Oxford et Cambridge opposera deux capitaines de nationalité française, une première en deux siècles d'existence selon les organisateurs de cet événement très populaire en Angleterre et au-delà.
Le 4 avril sur la Tamise, le Français et triple tenant du titre Noam Mouelle guidera les "Light Blues" de Cambridge face aux "Dark Blues" de Tobias Bernard, un Londonien né d'un père français et d'une mère franco-américaine.
Ce doublé tricolore est inédit dans l'histoire de la "Boat Race", compétition amateur apparue en 1829 et dont la 171e édition, dans trois semaines, se disputera comme chaque année sur une distance de 6,8 km entre Putney et Mortlake (sud-ouest de Londres), en huit avec barreur. Cambridge mène par 88 victoires à 81 pour Oxford.
"Comme Noam l'a dit, c'est un +fun fact+, c'est marrant", sourit Tobias (23 ans), étudiant en chimie à Oxford, dans un entretien accordé jeudi à l'AFP en marge de l'annonce des équipes à Somerset House, centre d'arts londonien adossé au fleuve.
- Du Perreux à Cambridge -
Pour Noam, d'un an son aîné, le passeport compte peu: "le truc cool, c'est que cela montre qu'en fait, peu importe d'où on vient, ce que tu as fait avant, à partir du moment où tu t'engages à 100% pour le projet, les programmes d'entraînement et la culture du club, ça ne change rien".
Ce doctorant en physique a donné ses premiers coups de rame à 9 ans, dans le club local du Perreux-sur-Marne (Val-de-Marne), avant de représenter la France aux championnats du monde, jusque chez les moins de 23 ans.
Il a mis le cap sur Bruxelles, après un déménagement familial, puis rejoint l'Imperial College de Londres avant de rallier Cambridge, "le meilleur endroit au monde" pour concilier recherche et sport de haut-niveau.
"La Boat Race, ç'a toujours été dans mon imaginaire. C'est un événement super médiatisé en aviron, il y a plein de vidéos sur Youtube, parfois on le voit à la télé", dit-il à l'AFP. "Après, c'est vrai que quand j'habitais en France, c'était dur d'imaginer que j'allais faire partie de ce monde un jour, c'est marrant que je sois là et qu'en plus je sois +président+".
- "Comme un stade de 7km" -
Historiquement, ce rôle de capitaine ("president" en anglais) ressemblait à la fonction d'un "président d'association sportive, c'était la personne qui trouvait les coachs, faisait la sélection, trouvait les bateaux, écrivait le programme d'entraînement, etc.", explique Noam.
"Il faut savoir soutenir les autres équipiers, les motiver et aussi communiquer avec l'entraîneur, pour savoir comment se sent l'équipe", développe Tobias, élu l'été dernier par les athlètes d'Oxford.
Le jeune Londonien a lui commencé l'aviron à l'âge de 14 ans, comme rameur, avant de devenir barreur.
Le souvenir de sa première course, l'an dernier, lui donne l'eau à la bouche. Avec tout "le bruit" que fait le public, se remémore-t-il, "c'est comme d'être dans un stade qui fait sept kilomètres, c'est incroyable comme atmosphère".
Les organisateurs de cette grand-messe du sport amateur, parfois surnommée "London's Party by the River" (la fête au bord de la rivière) en Angleterre, attendent plus de 200.000 spectateurs cette année.
Les courses masculine et féminine sont retransmises en direct sur Channel 4 et vues par des millions de personnes à travers le monde.
O.Berger--NRZ