Neue Rheinischezeitung - La plainte des journalistes Legrand et Cohen contre L'Incorrect classée sans suite

Köln -
La plainte des journalistes Legrand et Cohen contre L'Incorrect classée sans suite
La plainte des journalistes Legrand et Cohen contre L'Incorrect classée sans suite / Photo: © AFP/Archives

La plainte des journalistes Legrand et Cohen contre L'Incorrect classée sans suite

Le parquet de Paris a classé sans suite la plainte des journalistes Thomas Legrand et Patrick Cohen contre le magazine L'Incorrect pour l'enregistrement clandestin d'une conversation avec des responsables socialistes, a appris mercredi l'AFP d'une source proche du dossier et des deux chroniqueurs.

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"Le procureur de la République décide de classer notre plainte contre X et contre L'Incorrect au motif que le secret des sources rend impossible la recherche de l'auteur de l'enregistrement que nous considérons comme illégal", ont écrit Thomas Legrand et Patrick Cohen dans un communiqué transmis à l'AFP.

Tous deux indiquent qu'ils souhaitent mener d'autres actions en justice.

"Le procureur nous indique la possibilité de poursuivre notre action en justice par d'autres voies pour qu'un procès ait bien lieu", poursuivent-ils. "Nous démontrerons que nous avons été victimes d'espionnage malveillant et que nos propos ont été manipulés et interprétés pour nous nuire et nuire au service public de l'audiovisuel à travers une opération qui n'a rien de journalistique".

Selon une source proche du dossier, le parquet a indiqué aux avocats des plaignants que l'enquête n'a pas permis d'identifier l'auteur de la vidéo révélée par L'Incorrect en septembre dernier. Sa diffusion avait déclenché une vaste polémique autour d'une supposée partialité de l'audiovisuel public en faveur de la gauche, les deux journalistes intervenant sur Radio France ou France Télévisions.

La vidéo - où l'on entend Thomas Legrand dire "nous, on fait ce qu'il faut pour (Rachida) Dati, Patrick (Cohen) et moi" - avait été abondamment commentée dans les médias dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré comme CNews, Europe 1 et le JDD, au point de devenir le catalyseur d'une guerre ouverte avec France Télévisions et Radio France. Dans la foulée, une commission d'enquête parlementaire a été ouverte à la demande de l'UDR d'Eric Ciotti, allié du Rassemblement national (RN) qui prône une privatisation de l'audiovisuel public.

Les deux journalistes y avaient été auditionnés le 18 décembre dans un climat électrique, dénonçant une machination à leur encontre, tandis que le rapporteur de la commission, le député UDR Charles Alloncle, s'était étonné qu'ils ne fassent pas d'excuses.

L'enquête du parquet avait été ouverte notamment pour "atteinte à l'intimité de la vie privée" et "reproduction d'information fausse de nature à troubler la paix publique".

Fin décembre, Thomas Legrand, éditorialiste à Libération, a également porté plainte après la divulgation par Europe 1 d'une autre conversation privée dans un café avec l'ancienne patronne de France Inter Laurence Bloch. Une enquête est en cours.

C.Schneider--NRZ